J’en perds mon Bismillah –

27 avril 2026

Retour au voyage après un an et demi à partager mon quotidien avec Jim dans le placard. Cette fois, c’est une aventure un peu différente qui commence : je pars seule. Un peu excitée, un peu stressée, mais surtout impatiente. Et bien sûr, je vous emmène avec moi.

Aujourd’hui, je pars pour le Maroc. Après un an et demi à avoir hâte de découvrir Essaouira, ça y est !

Je suis dans l’avion donc je vais essayer d’écrire proprement. Il est 21h27 et, comme je suis côté fenêtre, j’aperçois l’aile et le coucher de soleil. J’ai 3h20 de vol devant moi.

J’étais bien en avance à l’aéroport, donc je suis plutôt sereine. Je suis entourée d’enfants, le Maroc doit être une destination propice aux familles.

J’ai mes règles donc j’ai mal au ventre, mais au moins je serai tranquille pour le kite !

Je vais arriver à Marrakech et je ne sais pas encore si je vais prendre un bus pour le centre ou si ce sera taxi. Je suis fière de moi et je ne réalise pas trop. Déjà quatre ans depuis mon premier voyage solo en Italie. Je regrette de ne pas avoir commencé les carnets de voyage avant, car celui-là m’aurait émue à chaque relecture.

J’espère que ces trois semaines me feront du bien. J’ai tellement hâte de me rendre à la mosquée et d’entendre les appels à la prière. Peut-être que je trouverai un mini Coran à trimballer avec moi.

J’ai hâte de tout raconter ici et peut-être même de dessiner, qui sait ! Ça me prépare un peu plus à ma prochaine année de voyage en solo.

J’arrive après 3h de vol et je change un peu de monnaie. Je me sens bien, même si on a eu des turbulences dans l’avion et que je faisais beaucoup moins la maligne à ce moment-là. Les filles assises à côté de moi m’ont offert des cadeaux : un collier, un chouchou, des tresses et un coloriage. Adorables.

Je sors prendre un taxi et je me fais probablement arnaquer aussi, mdrr. C’est le jeu ! Le chauffeur est chill, il y a des drapeaux du Maroc partout. C’est beau. Il me dépose dans la médina et je poursuis à pied. Les rues sont super étroites, les murs sont couleur terre, on dirait un labyrinthe. Franchement, j’adore alors qu’il ne se passe absolument rien.

Je croise un monsieur qui fait les poubelles et je lui tends une petite madeleine. Il me dit merci en arabe et ça me fait chaud au cœur. C’est touchant dans sa façon de le dire. Quoi qu’il en soit, j’arrive à l’auberge où je sursaute à cause de la porte. On en rit avec le monsieur de l’accueil. Je me douche et je peux enfin dormir. Sur le mauvais lit, parce qu’on m’a volé le mien.

28 avril 2026 !

Me voici à l’auberge.

Premier petit-déjeuner avec le son des oiseaux, la piscine à côté et les nuages… car fuck, y a pas de soleil. C’est okay.

Première balade ce matin. Je découvre les odeurs de barbecue, d’épices, d’essence et de travaux. Sur moi, j’ai déjà le « parfum arabe » que j’ai acheté direct en sortant, à un mètre de l’hôtel. En même temps, cette dame était adorable. Puis je fais trois mètres et je tombe sur Aziz, un monsieur de 55 ans absolument adorable. Il me montre les photos de ses dromadaires, me raconte sa vie de nomade dans le désert. Il me parle des étoiles et me montre les emblèmes des tribus du désert.

J’ai acheté le collier avec l’emblème de l’étoile du sud. On y voit le tajine (le partage du repas), la théière (le partage du thé) et les étoiles. Il sert aussi de compas pour se repérer.

Puis je pars à la recherche d’un ATM… et je galère. Je parcours enfin la médina. Ensuite, je vais au musée de la photographie et c’est super joli ! Je me balade, je prends des photos, j’admire les lieux et j’entends une dame dire qu’il y a un concert à 18 h, mais que c’est sur réservation. On verra ce soir ! Le musée de la photographie est vraiment magnifique. Je découvre de nombreux photographes, dont Nicolas Müller que j’apprécie particulièrement. J’achète plein de cartes pour garder un souvenir des photos.

Je repars ensuite me balader dans les ruelles du souk. Je prends quelques clichés et je commence de nouvelles collections : des bracelets, des petits bonnets adorables… Entre deux collections, je pars manger un chawarma, une salade et un petit thé. Je suis parfaitement accompagnée par un petit chat vraiment adorable.

Je déjeune puis je découvre un petit musée d’archéologie. Ils ont un espace vidéo avec des témoignages de jeunes qui racontent des souvenirs de famille en lien avec les anciennes générations. C’est super touchant.

Je me retrouve dans deux situations où je me sens piégée, donc j’ai encore du travail à faire avant de réussir à m’affirmer. J’ai donc du henné sur la main (non souhaité, mais bon…). Puis je pars au musée de la musique car, je le rappelle, j’ai réservé un concert de musique traditionnelle. Le concert est génial. Le monsieur est adorable et très touchant lorsqu’il regarde son fils avec qui il joue. Je passe un vrai moment.

Je profite ensuite de la vie pour manger une glace. Je choisis un parfum Chebakia (miel, cannelle, fleur d’oranger, amande et sésame) ainsi qu’un parfum fleur d’oranger, et c’est délicieux.

Ce matin, je réserve tout pour partir à Imsouane demain avant de mange mon premier msemmen (une crêpe marocaine) au chocolat. Puis je pars visiter le musée de la musique comme prévu. C’était super joli, avec plein de photos de musiciens. J’aime vraiment la photographie, c’est une forme d’art qui me touche énormement.

Je mange ensuite quelques petites brochettes chez « Monsieur Fromage » ahah. C’était bon, avec vue sur le minaret et un petit chat comme d’habitude.

Je marche ensuite une trentaine de minutes et, au milieu du souk, je tombe sur un petit coffee shop coréen très chou. Mon âme de bobo est ravie. Ils ont même du lait d’avoine ! Je prends un black sesame latte.

J’arrive enfin au jardin Majorelle. J’ai aussi oublié de préciser que je suis passée dans une boutique de luminaires et que c’était magique. Le jardin est joli, mais je trouve que ça fait cher pour ce que c’est. J’en profite quand même pour observer le petit bassin rempli de tortues, faire plein de photos, admirer les cactus et m’acheter quelques petites cartes trop cute. Il fait gris, mais c’est beau quand même. Et je discute avec des Français sympas un peu partout.

Je viens de passer 1h30 à écrire ce carnet dans le petit patio, face à la fontaine. J’ai mal au ventre, alors finalement je suis restée là, posée, à écouter l’eau couler et à mettre ces premiers souvenirs sur papier.

 

Je repars et je croise un vieux monsieur qui m’emmène en balade dans le quartier et me fait visiter la mosquée des Aveugles. En vrai, elle est belle comme tout ! J’achète un bracelet en argent à l’association puis je repars à l’auberge.

En rentrant, je rencontre une Sud-Coréenne. Elle s’appelle Lee Joo-Won et, depuis, je suis invitée à Séoul. On discute vite fait, mais je sens que ça va vraiment bien matcher.

Je ne tarde pas trop car ce soir, c’est le concert d’Ino Casablanca ! Je suis en retard, je cours partout, je trouve un taxi qui me met directement dans l’ambiance. Le chauffeur est à fond sur la musique électro ! J’arrive enfin à temps. Il est si beau sur scène et je suis ravie de le revoir une deuxième fois en si peu de temps. Je vis chaque chanson à fond. Il est à deux mètres de moi, mes vidéos sont géniales et je savoure chaque seconde malgré mon léger retard.

Je repars en direction de la médina et je m’arrête sur la place Jemaa el-Fna. C’est le pur chaos. Je me retrouve dans des cercles de danseurs, puis à boire des jus, manger un msemmen au chocolat… Bref, je passe de droite à gauche en étant sur-sollicitée. J’essaye tant bien que mal de rejoindre l’auberge, mais je me retrouve chez Aziz à boire du thé et à parler de l’amour et du désert. Un beau moment. Ça fait déjà plus d’une heure et demie que je devrais être rentrée, mais je me suis fait alpaguer partout.

J’arrive enfin à l’auberge et je rejoins Lee Joo-Won. On s’installe et on discute jusqu’à 3h du matin. Je me lève à 6h30, donc ça va piquer.

On a eu une conversation super enrichissante sur la façon de voir le voyage, la comparaison avec les autres, et le fait d’avancer chacun à son rythme.


Je pars en direction du bus qui est à côté de la gare de Marrakech.

Petite escale à Essaouira où je mange évidemment un msemmen, puis je repars pour Imsouane.

Le bus me dépose à un croisement sur une voie rapide, ce qui me force à prendre un taxi. La montée est difficile même pour le véhicule, donc heureusement que j’ai abandonné l’idée de la faire à pied. La vue est sublime. J’arrive directement à mon auberge, je m’installe et le propriétaire, Amine, me propose de partir dans deux heures pour admirer le coucher de soleil depuis une falaise pendant qu’il mixe. Je m’attends à une grosse soirée, mais on est seulement quatre sur une falaise et, au final, c’est parfait.

Entre-temps, je pars simplement me balader pieds nus sur le sable et contempler la beauté des lieux.

On se rend sur la falaise avec Amine, Maggie et un autre pote pour admirer le sunset. Il pose son matériel de DJ sur une table à repasser et commence à mixer. On danse avec Maggie, une Italienne de l’auberge, face au soleil et on en profite pour faire un shooting photo. On rentre deux heures plus tard avec le cœur rempli de soleil et de sourires, puis on part dîner avec Amine.

Le lendemain, je rencontre le groupe de kitesurf de la première semaine que Loucheuse avait organisé pour récupérer les clés et partir surfer avec eux. Tomas me donne mon premier cours de surf et je reste deux heures dans l’eau à tenter de me lever, sans résultat, mais quel bonheur de passer du temps dans l’eau, même si c’est pour encaisser des vagues. J’essaye de comprendre la mer et d’être en cohésion avec les vagues. J’essaye.

Je remonte l’escalier qui mène à l’océan pour rejoindre le groupe et aller déjeuner avec les six Français. On part ensuite avec Miguel prendre des photos du port. Après ce petit moment photo adorable, je pars visiter leur appartement et jouer au Perudo (un jeu de société mêlant hasard et stratégie vraiment sympa) dans une véranda super jolie. Ensuite, je les laisse rentrer ranger leurs affaires car le départ est prévu pour le lendemain.

Je repars surfer l’après-midi avec deux potes rencontrés la veille sur la falaise. J’ai eu du mal. La mer était agitée et j’ai vraiment eu peur. Je suis sortie de l’eau péniblement avec une combinaison en lambeaux (déjà dans un état moyen à l’origine, mais ça donne une idée des vagues qui m’ont percutée) et je me suis assise sur le sable, épuisée. J’ai attendu un peu puis je suis allée rejoindre les garçons après avoir repris mes esprits. Je repose la planche et je pars dîner avec eux au même restaurant que la veille avec Amine, avant de rejoindre le groupe de Français pour leur dernière soirée.

Ils dorment déjà tous, à part Miguel, donc on discute sur le rooftop avant que je rentre à l’auberge.

Le lendemain, je prends le petit-déjeuner avec eux au bord de l’eau avant de partir emballer mes affaires. Puis je profite du calme pour avancer sur mon journal de voyage.

Le bus en direction d’Essaouira part à 14h30. Antoine et Yanis me déposent à l’arrêt de bus qui n’est autre qu’un olivier avec un petit banc au milieu de nulle part. On se dit au revoir. J’ai adoré les rencontrer !

J’attends trente minutes car le bus est en retard puis je prends enfin la route d’Essaouira que je vais enfin découvrir. Je repars enrichie par la mer, que j’aime encore plus que je ne le pensais, par les sourires et par les conversations avec Amine et Maggie. J’ai une chance infinie d’exister.

 

J’arrive à Essaouira. Je pars immédiatement poser mes affaires et il est déjà l’heure d’aller rejoindre Maggie ainsi que le groupe de kitesurf qui se retrouve au Café L’Esprit. Je rencontre enfin Loucheuse (la Lou qui organise le kitesurf camp) ainsi que les autres participants. On va vivre à douze dans la même maison pendant une semaine entière. On se rend sur le rooftop de la Smala pour admirer le coucher de soleil et apprendre à se connaître progressivement. Puis vient le premier dîner chez Omar, le premier d’une longue série. Je prends une dorade et une salade marocaine. C’était le pire choix possible tant le poisson était salé. Maggie et sa pote italienne viennent dîner avec nous, c’était vraiment sympa. Puis chacun rentre dans son auberge ou son logement avant de commencer, dès demain, à vivre tous ensemble.

 

On se retrouve à 11h pour partir au camp de kite, situé à dix minutes en taxi du centre de la médina. On découvre les lieux et les profs, qui sont adorables, puis on se met en cercle pour manger tous ensemble. Maya est végétarienne et ça ne manque pas de lui valoir quelques blagues de la part des profs, car au Maroc il est difficile d’être végétarien.

Puis on enfile les harnais et on part avec nos voiles en direction de la plage. On rencontre Toufik qui sera notre professeur toute la semaine à Maya et moi.

Je vais en profiter pour faire une présentation de tous les protagonistes de cette semaine, sinon ça va devenir difficile de s’y retrouver  

On commence le cours par installer le matériel, comprendre le sens du vent, et voir comment s’équiper correctement. Puis on entre directement dans le vif du sujet : tenir la voile, la faire décoller, et surtout réussir à la garder stable.

Tout se joue dans le bas du corps, avec les hanches et les lombaires qui servent d’ancrage pour contrer les élans du vent de la voile, tirée par le vent. Pendant deux heures, on répète les gestes en essayant de comprendre comment le vent s’engouffre dans la voile, comment le stabiliser, et surtout comment anticiper ses changements. C’est assez technique et pas évident, mais ça me rappelle aussi les cerfs-volants que je faisais avec mon père, lui qui adore ça.

Après ça, on rentre découvrir la maison où on va vivre la semaine. Tout le monde prend ses repères : les filles au deuxième étage, et moi je dors avec Lise dans un grand lit deux places. La maison est vraiment cool, sur quatre étages, avec un rooftop où on se dit déjà qu’on va passer pas mal de temps.

Fettah, qui possède la maison et le club de kite, a vraiment créé un endroit parfait pour une team comme la nôtre. On sent qu’on va être bien ici.

Le soir, on se pose tous sur le rooftop pour le premier dîner ensemble, puis on fait notre première session photo du groupe. On commence à apprendre à se connaître petit à petit.

On finit par aller se coucher assez tôt : mine de rien, le kitesurf, ça fatigue vraiment. Toutes les photos de la semaine sont des photos prises par Maya qui est photographe.

Instagram de Maya 📌

Début du deuxième jour, petit déjeuner sur le rooftop. C’est un peu devenu le rituel de la semaine. Au menu, comme tous les matins : pain, omelette, msemmen, miel et confiture, jus d’orange frais et thé marocain (autant dire que mon corps est constitué à moitié de ça depuis mon arrivée ici).

Il fait beau, et ça sera le cas toute la semaine. On démarre la journée avec un jeu : chacun doit deviner les “secrets” des autres. Ils sont éparpillés sur les soirées, et ça donne des histoires complètement improbables : une menace au pistolet, un mec qui a marché sur un caïman au Brésil, une fille qui a dormi chez un acteur Disney Channel, une autre passée enfant dans l’émission des Familles nombreuses, un pyromane, et même ma demande en mariage cachée chez moi depuis deux ans. Des anecdotes très différentes, souvent drôles, et qui font clairement qu’on commence à se rapprocher.

Aujourd’hui, cours à 13h. Ce sera le dernier de l’après-midi, car le matin est clairement le meilleur moment pour aller à l’eau. On passe un cap : stick de surf rose pour tout le monde, combi, et direction la session. Autant dire qu’on bronze version étrange : nez, mains et pieds cramés, le reste ultra blanc. Pas exactement idéal pour le glow up. Le soir, on part manger un shawarma pour se poser un peu avant notre première soirée en ville, au Taros. On prend tous un sandwich, des frites, parfois une crêpe, histoire de reprendre des forces avant de sortir.

Une fois sur place, on enchaîne sur la soirée. Le DJ n’est pas incroyable, mais l’énergie est là. On danse, on rigole, on commence déjà les tournées de bières, surtout contents de se connaître depuis à peine 24 heures. Fettah connaît toute la ville, ce qui facilite clairement les choses. Je finis par sympathiser avec un groupe de Marocains entre deux danses avec la team française : Ismaël, Marouane et Niama. On se recroisera plusieurs soirs pour danser et rigoler ensemble. On rentre vers minuit avec le groupe, et on finit sur le rooftop à discuter. De tout, de rien, sans vraiment voir le temps passer.

Demain réveil à 9h pour le kite… et ça pique déjà un peu. Mais aujourd’hui, première session dans l’eau en mode nage tractée. On boit la tasse à répétition. Abdel (le nom de ma voile — ab-aile, oui on s’en sort comme on peut avec les jeux de mots) part dans tous les sens, à droite, à gauche, et moi je me fais embarquer petit à petit dans les vagues.Mais est-ce que, comme en surf, me faire “bully” par les vagues me donne quand même de la joie ? OUI. Parce que j’adore l’océan.

 

Je ne vais pas pouvoir raconter chaque jour en détail, mais cette semaine a été faite de soirées à danser, de trajets assise sur les fenêtres de voiture, le corps à moitié dehors pour prendre le vent, de courses sur le sable et de repas chez Omar.

Chez Omar, on s’est régalés. Le poulet-frites était excellent, les salades toujours parfaites, et on est vite devenus fans de la rfissa et des tajines aux pruneaux. À force, on connaissait presque la carte par cœur. J’ai mangé une dizaine de crêpes au Nutella, beaucoup trop de msemmen, bu des litres de thé marocain, de Sprite sans aucune raison particulière, et plus de bières que ce que je bois normalement en plusieurs mois.

On a dansé partout. J’ai rempli mon sac de pulls de chez Windy et de bracelets en métal dont le tintement rythmait nos journées. J’ai discuté avec plein de Marocains, bu des jus d’orange à foison, mais surtout, j’ai passé la semaine en maillot ou en combinaison, dans l’eau, à essayer de me lever en kite et en surf.

En kite, ça n’a pas vraiment marché. Enfin si, une fois, le temps d’une vague, mais c’était tellement rapide que je n’ai même pas eu l’impression de l’avoir vécu. En revanche, j’ai réussi à me lever en surf, et ça m’a procuré une joie immense. On a parlé trois langues, fait des câlins, découvert la médina, posé devant l’objectif de Maya, tourné des vidéos pour les réels de Lou, vu naître quelques histoires d’amour et partagé énormément de moments ensemble.

Une semaine plus tôt, on ne se connaissait pas. Aujourd’hui, on se quitte avec des souvenirs plein la tête et l’impression d’avoir partagé bien plus que quelques cours de kite. 🦀

 

Je me souviendrai des soirées sur le rooftop, des couchers de soleil, de la musique des otaries qui résonnait au loin et des chansons de Charlotte Cardin qui accompagnaient nos fins de journée.

L’un des derniers soirs, on est partis tous ensemble en voiture et en jeep dans les dunes. Il faisait un froid de dingue et on était loin d’être assez couverts, mais ça ne nous a pas empêchés d’en profiter. On a dansé dans la remorque au milieu du désert, portés par une sélection techno parfaitement choisie. On avait froid, mais on s’en fichait complètement. C’était le genre de moment simple qui devient instantanément un souvenir. 🦀

Dans la médina, j’ai découvert plein de petites boutiques et quelques restaurants sympas que je vous noterai à la fin de l’article.

Après une semaine ensemble, les départs ont été particulièrement difficiles à encaisser. On a versé quelques larmes. On a laissé repartir avec les autres des petits morceaux de nos cœurs. J’ai rencontré une véritable famille ici et je ne peux qu’être reconnaissante pour ça. On se reverra, c’est certain. On prévoit déjà de mélanger les groupes de la première et de la deuxième semaine. Ce n’est que le début de l’histoire.

J’ai oublié de préciser qu’en début de semaine, j’ai oublié mon téléphone dans un taxi. Résultat : sept heures passées au commissariat. C’était long, un peu angoissant, et je suis finalement repartie sans mon téléphone. J’en ai acheté un nouveau, pas cher, pour terminer le voyage. Je suis donc passée trois fois au commissariat cette semaine. J’y ai vu un homme menotté avec une main en sang que les policiers faisaient fumer à sa demande, des familles qui attendaient, et j’ai même participé à une sorte de perquisition improvisée dans les rues d’Essaouira avec le commissaire de la police judiciaire. Je ne me suis clairement pas ennuyée.

Autre moment improbable de la semaine : le hammam.

Je suis partie tester un soin marocain avec Lucile et Inès. Pour résumer la situation, nous étions toutes les trois en string jetable dans une pièce chaude et humide, installées sur des tables en marbre. On commence par passer sous l’eau, puis la dame nous savonne avant de nous laisser une dizaine de minutes dans la vapeur pour ouvrir les pores. Elle était adorable. Quand elle revient, elle entreprend de me frotter absolument partout avec une énergie impressionnante. De notre côté, on essaie de ne pas trop rire parce que la situation est quand même assez particulière. J’ai ensuite eu droit au gommage, puis à un soin à l’argan et au café. Elle me masse également le dos, qui souffre un peu des sessions de kite. Puis vient le lavage des cheveux avant de retourner dans une salle de repos pour retrouver une température normale. Thé, biscuits, eau fraîche et lotions hydratantes sont à disposition. On prend notre temps, on se rhabille tranquillement avant de rentrer à la maison retrouver les autres.

Le soir, on se réchauffe autour d’un tajine maison avant de dîner sur le rooftop avec tout le monde. Une très belle soirée.

Le lendemain devait être consacré au kite, mais faute de vent, direction Sidi Kaouki pour une session surf. Et cette fois-ci, j’ai enfin réussi à me lever sur la planche. J’étais tellement fière.

Le soir, Comico encore une fois, puis on rejoint les autres pour danser à Océan Vagabond. J’ai un peu trop bu. Je n’aurais probablement pas dû, mais je ferai mieux la prochaine fois. Antoine a lâché la phrase de la semaine : « J’en perds mon bismillah. » Depuis, on en rit encore.

La plupart du groupe est repartie le samedi. Je serais incapable d’expliquer précisément pourquoi cette semaine va changer quelque chose dans ma vie, mais je sais que je n’en ressors pas tout à fait intacte.

Nous ne sommes plus que cinq. Ce soir-là, c’est soirée sushis tous ensemble. On débriefe la semaine, on partage notre nostalgie naissante et on essaie de profiter des dernières heures ensemble. Puis on tombe sur ces petites voitures de police pour enfants installées dans la rue. Évidemment, on monte dedans. Ça me fait rire comme une gamine. On finit ensuite la soirée ensemble à la maison.

Le lendemain, Abdel et Fettah nous emmènent à un immense souk qui n’a lieu qu’une fois par an. Réveil à 6h30 pour être sur place dès l’ouverture. Nous arrivons au souk de Had Draa qui est bien vivant. Maya dégaine immédiatement son appareil photo pour réaliser des portraits des commerçants. Pendant ce temps, Abdel et Fettah sont déterminés à acheter des abats, notamment du foie, pour le faire griller plus tard. Le marché est une véritable immersion. On croise des têtes de dromadaires suspendues à des crochets, des carcasses entières, du sang, des os, des abats. Une boucherie à ciel ouvert comme je n’en avais jamais vue. Quelques allées plus loin, changement total d’ambiance. On se retrouve au milieu des stands de vaisselle où Lou choisit déjà des pièces pour son futur appartement à Bruxelles.

J’ai aussi passé un long moment à observer les chevaux. Ils étaient magnifiques. Je les ai regardés se préparer pour le défilé, montés par des hommes vêtus de tenues traditionnelles qui tiraient en rythme avec leurs fusils. On a ensuite enchaîné les attractions : auto-tamponneuses, jeux de force, tir à la carabine. On a beaucoup ri.

Puis nous sommes rentrés nous reposer, encore une fois avec la sensation d’avoir vécu mille choses en une seule journée.

Je pars manger seule parce que ça me manque. Je fais un tour à la librairie pour trouver un guide de darija, puis je m’installe pour déguster des quesadillas avec des frites. Ça fait du bien d’être seule avec soi-même de temps en temps. Le soir, j’achète un téléphone, je vais voir le match de foot, puis je me perds dans les ruelles de la médina pour une balade nocturne. La vie respire le bonheur.

À présent, Antoine et Augustin sont repartis. Je rentre dormir avec Maya et Lou et demain sera mon dernier jour ici. J’organise la suite de mon voyage, je passe dire au revoir au camp de kitesurf, puis je dîne avec Maya. Le lendemain matin, à 7 heures, je suis déjà dans le bus pour Marrakech. Après trois heures de trajet assise à côté d’un soi-disant agent des services secrets, j’enchaîne avec six heures de train jusqu’à Fès. J’écris ces lignes alors qu’il ne reste qu’un quart d’heure avant l’arrivée.

Essaouira me manque déjà. 🦀

Le train marocain est composé de compartiments d’une douzaine de personnes, avec beaucoup trop peu de place pour les bagages. On a chaud, on est serrés, et tout le monde a hâte d’arriver.

Me voilà enfin à Fès. C’est grand, c’est chaud, et c’est aussi la plus vieille médina du Maroc. Avant même d’arriver à ma guesthouse, j’aperçois des artisans du cuivre marteler le métal pour fabriquer des marmites. Puis viennent les ruelles de la médina, ses virages sans fin et ses passages étroits. Après sept détours, j’atteins enfin mon logement.

Honnêtement, je n’ai pas grand-chose à raconter sur Fès. J’y ai surtout dormi. Entre la nostalgie de la semaine de kite et la fatigue accumulée, j’avais besoin de ralentir.

La médina m’a également semblé assez oppressante et je n’avais pas vraiment l’énergie nécessaire pour l’explorer davantage. J’ai tout de même visité l’ancienne école coranique, absolument magnifique, mangé quelques sandwichs dans les ruelles et découvert les célèbres tanneries de cuir qui font la réputation de la ville. Les tanneries m’ont profondément marquée. Contrairement à beaucoup de touristes qui semblent surtout préoccupés par l’odeur, moi je n’arrivais pas à regarder autre chose. Oui, l’odeur est forte. Les visiteurs agitent des feuilles de menthe sous leur nez pour supporter l’ammoniaque. Mais pendant ce temps-là, les ouvriers travaillent là chaque jour, sans menthe, exposés en permanence à ces conditions. Mon premier réflexe n’a pas été de sortir mon appareil photo. J’avais surtout envie de partir. Non pas parce que je préfère détourner le regard, mais parce que mon empathie prenait le dessus. Je me demandais comment on pouvait immortaliser la souffrance des autres comme une simple attraction touristique. En dehors de ça, les rabatteurs sont extrêmement insistants. Heureusement que la médina possède aussi de beaux endroits et une histoire fascinante, mais je crois simplement que Fès n’était pas faite pour moi.

Deux jours plus tard, je me rends à la gare routière pour partir à Chefchaouen. J’y aperçois une fille qui voyage seule. Je vais lui parler et quelques minutes plus tard, me voilà amie avec Valentina, une Italienne qui revient de deux mois de volontariat dans une auberge de kite dans le sud du Maroc. Il lui reste une semaine pour explorer le pays avant de partir en Ouganda faire de l’humanitaire.

Nous allons finalement passer deux jours ensemble.

Premier souvenir : je perce ma bouteille d’eau dans le bus. On essaye alors de transvaser le contenu dans une autre bouteille vide, mais avec les secousses de la route, l’opération tourne vite au sketch. On rit beaucoup. À notre arrivée à Chefchaouen, on dépose nos affaires avant de rejoindre un free walking tour qu’elle avait réservé. Je me suis simplement incrustée dans le groupe avec l’accord du guide. La visite est très sympa et j’apprends enfin pourquoi la ville est bleue : la couleur est censée éloigner le mauvais œil.

Chefchaouen est adorable. Heureusement, nous sommes hors saison et les ruelles restent agréables à parcourir. Il y a tout de même énormément de boutiques pour touristes où les mêmes magnets, porte-clés et cartes postales se répètent à l’infini. Le soir, nous dînons avec un couple d’Allemands rencontré pendant la visite guidée. Nous allons chez Sofia et c’est délicieux. Sans exagérer, le meilleur tajine aux pruneaux du voyage.

Nous nous séparons après le repas… pour nous retrouver dix minutes plus tard, complètement par hasard, au restaurant El Cielo pour le dessert. La coïncidence nous fait beaucoup rire. Nous commandons deux coulants au chocolat et, fidèle à moi-même, je prends aussi un chocolat chaud. Ce choix me vaut quelques moqueries bien méritées. C’est également ce soir-là que j’apprends une terrible vérité. Le proverbe qu’un ami marocain m’avait appris — « Dans tous les couples, il y en a un qui aime les olives et l’autre non » — ne vient absolument pas de la sagesse populaire marocaine. Il vient d’une série américaine « how i met your mother ».

J’étais déçue. Je continuerai pourtant à l’utiliser !

Fin de journée. Le couple repart demain matin. C’était une très jolie rencontre.

Le lendemain, à 9h30, on part prendre le petit-déjeuner avec Valentina avant de se rendre à Akchour pour faire une randonnée. On monte jusqu’en haut du sentier pour voir le Pont de Dieu, une arche naturelle creusée dans la falaise, et c’est tout simplement sublime.

On redescend ensuite pour aller se baigner sous le pont. On galère un peu à y accéder et, entre-temps, le soleil disparaît. L’eau est vraiment fraîche, alors tant pis, ce ne sera que les jambes.

On repart déjeuner. Le temps se couvre, la pluie arrive et on n’a toujours pas vu les cascades. On finit donc par abandonner et rentrer.

Dans le taxi, on rencontre Kate et son fils de 5 ans, qui viennent découvrir Chefchaouen. Ils sont adorables, alors on leur propose de passer la soirée ensemble. On se rend au point de vue de la ville, à la Mosquée espagnole. Évidemment, on n’avait pas vu le sentier : on a donc grimpé la colline à la frontale avant d’apercevoir le chemin parfaitement tracé que tout le monde emprunte. On n’est vraiment pas doués, ahah.

Je suis avec son fils, qui veut absolument m’entraîner sur un rocher. Je lui dis : « Donne-moi un argument de plus et je te rejoins. » Il répond alors, avec sa petite voix adorable : « Un argument de plus. » Je ne m’y attendais pas du tout, alors je finis sur le rocher.

On admire un coucher de soleil sublime. Des rayons percent les nuages et c’est un vrai bonheur. On profite tous les quatre du moment en partageant des chips.

On redescend ensuite pour dîner à nouveau chez Sofia et on se régale. Puis je pars à la recherche d’une crêpe. On finit par en trouver une après maintes demandes à travers toute la ville. On se régale, mais Kate n’arrive pas à finir la sienne. Je commence alors à la proposer aux passants.

Fou rire quand je demande à un monsieur s’il en veut et qu’il me répond : « Je suis le patron de la boutique de crêpes. » Je combats ma gêne pour poursuivre mes recherches et finis par l’offrir à un homme dans le besoin, qui avait l’air heureux de recevoir une demi-crêpe.

On rentre ensuite et c’est le moment du câlin d’au revoir avec Valentina, qui part demain matin tôt.

Ce matin, c’est ma dernière vraie journée ici. On se rejoint avec Kate et son fils pour le petit-déjeuner, mais il est déjà plus de 11 h, alors on finit par déjeuner directement. Puis viennent les photos dans la médina, une limonade à la menthe, quelques balades, et déjà 17 h. Ils repartent. Je les retrouve à Tanger demain soir après mon bus.

Ce soir, c’est écriture du blog et restaurant en solo chez Sofia, encore une fois, pour le dernier tajine du voyage.

Le lendemain matin, petit-déjeuner puis départ pour Tanger. J’arrive à 15 h 30, je me fais arnaquer par le taxi (encore) et je rejoins la vieille médina. Ça y est, c’est ma dernière soirée au Maroc et, heureusement, je ne la passe pas seule puisque je rejoins Kate et son fils tout à l’heure !

Mais d’abord, je commande une carte SIM, un nouveau téléphone et je m’enregistre pour mon vol du lendemain. Puis je pars manger un shawarma et deux biscuits dans une boulangerie ; ils sont délicieux. Je déguste tout ça installée dans le jardin de la Mendoubia, entourée de dames qui partagent leurs derniers potins sur les bancs ombragés. Je fais ensuite un petit tour, achète un drapeau du Maroc et quelques cartes postales, puis je me rends à l’Hôtel Continental pour aller les retrouver. Je suis heureuse de les revoir, de partir faire des photos dans toute la ville, d’explorer les ruelles en chantant du Gims avec le petit sur mes épaules et de déguster des biscuits avec Kate pour fêter son anniversaire !

Ce soir, elle veut manger du poisson frais. Après avoir admiré le coucher de soleil, on se rend chez « Lala Fatima » où l’on nous entraîne devant une vitrine pour choisir nos poissons. On prend des crevettes, une sole, quelques anchois et de gros pavés de thon, le tout accompagné de frites et de salades marocaines.

On nous rapporte ensuite le tout grillé, accompagné de tomates marinées : un pur délice pour seulement 25 € à trois (dont un petit estomac de cinq ans et demi). Kate est ravie de ce festin et les petits chats qui jouent autour de nous sont tout aussi heureux de récupérer les restes de poisson. On chante des chansons Disney en attendant leur taxi, puis vient l’heure du câlin.

Je ne tarde pas à rentrer après avoir été attirée par une jolie musique qui résonnait dans une ruelle.

Le lendemain, petit-déjeuner puis départ pour l’aéroport après avoir peiné à tout faire rentrer dans mon sac. Je les vois à l’aéroport, ce qui n’était pas prévu, mais je suis arrivée assez tôt.

On mange un petit bout ensemble et, à 13 h 30, ils embarquent pour Toulouse après un dernier câlin à trois. J’attends encore deux heures avant d’embarquer à mon tour et j’écris ces lignes depuis l’avion.

Le Maroc m’a offert de nouvelles perspectives de vie et m’a reconnectée à mes émotions. Je n’espérais pas y trouver autant d’amour, de sourires et de soleil. Je me suis régalée, j’ai rencontré tellement de monde et créé de nouveaux souvenirs.

Alors merci infiniment pour tout ce bonheur, et à bientôt ❤️‍🩹

 

Le insta de Lou qui m’a permis de vivre ça : 📌

Et merci à Kite Surf Maroc 📌

J’ai développé le KODAK :