Petite dose de Maroc –
13 août 2026
Visiblement, trois semaines au Maroc en mai n’auront pas suffi. À peine rentrée, l’idée d’y retourner a commencé à me trotter dans la tête… et trois mois plus tard, me voilà de nouveau dans un avion, direction Essaouira. Cinq jours seulement cette fois, mais largement de quoi retrouver le soleil, le vent, le kite, les copains et cette drôle d’impression d’être déjà un peu chez moi.
J’arrive à l’aéroport à 6h du matin, café Starbucks en main. Presque aucune galère : Orly, c’est quand même minuscule à côté de Charles-de-Gaulle (je ne connaissais d’ailleurs pas Orly jusqu’à maintenant). Je suis dans l’avion et les pilotes se présentent : « Je suis Jackie, votre commandant de bord, et je suis assisté de Michel, notre copilote. » Je crois que personne n’a relevé, mais ça m’a fait rire. Je passe clairement le vol à dormir, car j’ai quelques heures de sommeil en moins.
En arrivant à l’aéroport, je ne refais pas la même erreur que la première fois et j’allume le Wi-Fi de l’aéroport plutôt que ma 4G, dont je ne dispose pas au Maroc. J’attends alors à la douane quand une amie m’appelle et m’annonce une mauvaise nouvelle. Le début des vacances s’annonce difficile…
Je finis par passer la douane et me rends au guichet pour changer mes euros en dirhams et payer le taxi jusqu’à la médina. Je retrouve tout de suite mes marques dans ce petit labyrinthe dans lequel je me sens comme à la maison.
Je m’enregistre à l’auberge, mais je dois attendre une certaine heure avant de pouvoir déposer mes affaires et tout laisser dans ma chambre. Je me rends donc sur le toit de la Smala pour prendre le petit déjeuner en attendant. Je vais au comptoir commander une omelette berbère et un thé — le premier du séjour.
À côté de moi, un mec a l’air blessé. Je lui demande si ça va, et de fil en aiguille, on commence à discuter. Puis on ne s’arrête plus. Les sujets s’enchaînent, on parle de nos vies, de nos voyages, de tout et de rien… et sans vraiment m’en rendre compte, je passe plus de 2h30 à discuter avec lui. Il s’appelle Antoine, et je ne le sais pas encore, mais il va prendre une grande place dans ces cinq jours à Essaouira.
Il est enfin temps de m’installer dans ma chambre, de prendre une douche et de partir au club de kite pour saluer tout le monde. Antoine prend le taxi avec moi car il a cours dans le club d’à côté.
J’arrive en surprise et fait un énorme câlin à Fatah, qui semble heureux de me revoir. Abdel ne s’y attendait presque pas : je faisais exprès de ne pas répondre à ses messages Instagram, dans lesquels il soupçonnait ma venue. Reda et Younes sont là aussi, et les retrouvailles font chaud au cœur. Il manque Simo, qui est parti en vacances.
Je suis évidemment venue au club avec mon appareil, car j’attends de ce séjour des centaines de photos, des heures sur la plage, des tajines et des fous rires avec ceux que j’aime.
On part avec Younes faire plein de photos de kite : moi sur la plage et lui en train de naviguer, car mon zoom me limite pour les photos de kite. On profite de ces deux heures pour rire et discuter de tout et de rien. Un vrai bonheur.
Je me retrouve aussi à faire un tour de dromadaire d’à peine deux minutes, parce que je n’avais évidemment pas trop envie et qu’il n’aurait surtout pas dû se lever. Le vertige m’attrape assez vite, car la hauteur est vraiment impressionnante. Mais bon, vous aurez quand même droit à quelques photos ci-dessous de ma tête apeurée et complètement crispée.
Après ce moment, je rejoins Antoine, qui sort de son cours, et on part manger chez Omar. Il est déjà 15h et on se raconte nos sessions respectives — enfin, moi je lui raconte surtout les miennes du mois de mai. Je le dépose au bar Gnawa où il rejoint un ami et je pars retrouver les miens. On part manger une crêpe et faire une petite session de billard. Je ne sais absolument pas y jouer, mais j’ai gagné ma première partie et j’en suis plutôt fière. C’est déjà la fin de cette première journée !
Et quelques photos prises par Younes pour me faire plaisir 🥹
Vendredi matin
Vendredi matin, je me réveille dans ma villa — comprenez : un lit dans un dortoir — où je retrouve Antoine pour partir au kite. Car, bien que je ne vous en aie pas parlé, Fettah a réussi à me convaincre de reprendre les cours alors que ce n’était absolument pas prévu. Il me fera donc des cours particuliers pendant les trois prochains jours, car après ça, il n’y aura plus de vent et j’ai aussi envie de faire d’autres choses.
Je suis évidemment un peu stressée à l’idée de reprendre les cours. Mais avant toute chose, comme je suis en avance, je me lance avec Reda dans le rangement et le nettoyage du club. On passe un super moment à tout organiser en discutant, avec de la musique et quelques mouvements de hanches sur Bad Bunny. Une fois le club rangé, on part enfin pour le cours.
Fettah me sort une voile, mais se rend rapidement compte qu’elle n’est pas vraiment adaptée à mon niveau et aux conditions du jour. On change donc de voile et me voilà à refaire quelques bases pour me remettre dedans. Puis, assez rapidement, je me retrouve à l’eau avec ma planche.
Je mentirais si je disais que je m’en sors à merveille : j’ai galéré. Mais j’ai enfin réussi à faire mes premières trajectoires debout et j’en suis très fière. Alors oui, j’ai entremêlé ma voile avec une autre — c’était sa faute d’ailleurs — et j’ai bu pas mal d’eau, mais je me suis levée. Fettah était super fier de moi et moi, j’en pleurais carrément.
La sensation me plaît tellement que, que je réussisse ou non, je n’ai qu’une envie : continuer à apprendre. Je trouve que c’est une super manière de me confronter à la frustration, un sentiment que je gère finalement assez mal. Je détaillerai peut-être plus tout ça dans mon carnet de bord de kite, que vous retrouverez sur le blog avec celui de plongée.
La séance s’est finalement arrêtée lorsque, en prenant une longueur et en tombant, j’ai cassé la ligne de choquage. Fettah m’a regardée en souriant et m’a lancé : « Tu as tout cassé », ce qui était assez drôle puisque c’était vrai dans les deux sens du terme. Je l’ai tellement remercié pour ce cours et pour sa patience. Prochain cours dès demain matin.
Après le cours, je retrouve encore une fois Antoine et on a tellement faim qu’il m’emmène dans sa trouvaille : le restaurant Khmissa. Et effectivement, c’est délicieux. Probablement le meilleur restaurant d’Essaouira que j’ai testé.
On déguste le meilleur tajine que j’aie jamais mangé, au bœuf, fruits secs et amandes grillées. Je goûte également du zaalouk pour la première fois — une spécialité marocaine à base d’aubergines, de tomates, d’herbes aromatiques, d’épices et d’huile d’olive — ainsi qu’une sorte de chakchouka de poivrons en entrée qui me ravit. Le tout accompagné d’une citronnade bien fraîche !
OK, c’est un tout petit peu plus cher qu’ailleurs, mais c’est tellement bon que ça les vaut largement.
Après ce moment repas, Antoine a déjà de nouveau un cours de kite, alors il repart au club tandis que moi, je n’ai rien de prévu. Je me balade donc dans la médina et fais quelques achats : des cartes postales en linogravure, un hippocampe à accrocher à mon plafond, un parfum et une sublime paire de boucles d’oreilles dans une friperie un peu bobo que j’avais déjà repérée en mai.
Je me souvenais encore de ce parfum que je n’avais finalement pas acheté lors de mon premier voyage, alors je suis retournée le chercher. Le shop s’appelle Souk 28, au cas où vous voudriez y faire un tour.
Puis je rentre me reposer… et je fais quatre heures de sieste. Ce n’est finalement pas très surprenant avec le rythme de folie que j’ai depuis le début du séjour, surtout après avoir si peu dormi la nuit du départ.
Je croise Antoine à l’auberge, puisqu’il y vit également, et je le dépose au restaurant avec son pote. Je goûte quelques entrées, puis je pars rejoindre Ismaël avec qui je vais me balader.
Et là, on tombe sur une fête foraine. Alors évidemment, on fait des manèges et des auto-tamponneuses. Lui n’aime pas ça et, forcément, ça me fait encore plus rire.
On passe ensuite acheter le maillot de foot de Hakimi que mon petit frère me réclamait depuis un moment. Et tant qu’à faire, je m’en prends deux de JUL sur le même stand. Je n’arrivais pas à choisir entre le bleu et le rose, ahah.
Fin de journée. Demain, ça repart pour du kite !
Moi et trop de stick rose contre le sun – Antoine mon coup de coeur – Abdel, le frère de Fettah qui fait tout le temps des grimaces
Samedi matin
Ce matin, c’est reparti pour la deuxième session de kite de la semaine. Je suis encore une fois en avance, mais cette fois ce sera petit déjeuner, puisqu’il n’y a plus rien à ranger. Je prends un avocado toast dans le resto d’en face, même si le choix est quand même très occidental.
Aujourd’hui, la session est très longue et tumultueuse. Fettah, pour une raison que j’ignore encore, me sort une voile de 15. A priori, cela ne vous dit pas grand-chose, mais le numéro de la voile indique le nombre de mètres carrés qu’elle fait. Plus elle est grande, plus elle prend le vent et devient donc complexe à manipuler.
Une voile de 15 est très utile lorsqu’il y a très peu de vent, ou si celui qui la pratique est suffisamment doué et a la force nécessaire pour la maîtriser. Je ne vous apprends rien en vous disant que je n’ai pas exactement la carrure d’une bodybuildeuse, que je ne maîtrise pas encore le kite et qu’en plus, le vent est parfait ce jour-là — et non pas faible, ce qui aurait pu justifier une voile de 15.
Évidemment, je m’envole littéralement. Je me fais tirer au large en paniquant. Fettah vient me chercher au loin et me ramène à la plage.
Honnêtement, je ne comprends toujours pas s’il est juste fou, s’il m’a surestimée ou si, malgré tout, j’ai réellement fait quelque chose de bien. Mais il finit par changer de voile pour une taille 12, qui est déjà bien plus adaptée.
Je gère un peu mieux, mais je ne parviens pas à me lever. Et surtout, je me sens très mal après ce qui vient de se passer, donc je ne pars pas vraiment dans les meilleures dispositions. Fettah hausse rapidement le ton et, à un moment, je hausse le mien. Il me reprend directement, et il a raison. Je m’excuse et je m’en veux.
La gestion de la frustration est décidément difficile pour moi, mais je reprends. Et puis, petit à petit, quelque chose change. Je ne suis toujours pas bonne, loin de là, mais je commence à comprendre.
Je me relève une première fois. Puis une deuxième. J’arrive à partir à droite, puis à gauche, à changer de trajectoire. Je me crashe toutes les deux minutes, je bois encore quelques litres d’eau et je passe probablement plus de temps sous la surface que sur ma planche, mais je me relève. Encore et encore.
Et quand je repense à mes premières sessions, où j’avais passé deux heures sans réussir à me mettre debout une seule fois, je réalise que j’ai quand même fait un sacré bout de chemin.
Je crois que c’est finalement ça que je retiens le plus de cette session. Pas les chutes, pas le fait d’avoir galéré, ni même l’épisode de la voile de 15. Juste le fait que, malgré la frustration, la peur et l’envie de tout envoyer balader, je n’ai pas abandonné.
Je suis loin de maîtriser le kite, mais aujourd’hui, je suis capable de me lever, de partir dans les deux directions et de recommencer après chaque chute. Et ça, pour moi, c’est déjà une vraie victoire.
Fettah est quand même très patient avec moi, et j’en suis vraiment reconnaissante.
Après cette session, j’ai besoin de reprendre des forces. Je passe avant chez Windy acheter quelques vêtements, parce que j’adore cette marque qu’on ne trouve qu’à Essaouira. Puis je pars déjeuner seule chez Omar.
Un pote me rejoint ensuite pour boire un café et m’aider à écrire un peu en arabe. J’ai tellement hâte de savoir parler cette langue un jour !
J’y passe finalement des heures à écrire dans mon journal après avoir mangé. Puis je sors avec lui et d’autres potes au Beytt, un club d’Essaouira. On y danse un peu, on mange quelques desserts qu’on partage tous ensemble, puis je rentre en taxi me reposer.
Je kite encore demain matin pour ma dernière session. Il va donc falloir profiter à fond.
Dimanche –
Ce matin, petit déjeuner à la Smala puisque je ne kite que vers 13h. J’en profite pour faire mon scrapbooking avec vue sur la mer. Pas franchement la pire manière de commencer une journée.
Nous partons ensuite sur une autre plage, alors tout le monde monte dans le 4×4. À la radio, il y a Ino Casablanca et je sais déjà qu’il va me porter chance.
Je n’ai pas grand-chose à raconter sur ce cours : j’ai progressé, je le sens, même si ce n’est pas spectaculaire. Il manquait un peu de vent aujourd’hui et, comme celui-ci commençait à retomber, il devenait plus difficile à attraper. Il faut alors davantage de technique pour réussir à garder suffisamment de puissance dans la voile et continuer à avancer.
J’y arrive quand même, et ça me fait plaisir. Je parviens à aller de mieux en mieux à droite, puis à gauche. La prochaine étape sera surtout de réussir à remonter au vent, c’est-à-dire à ne pas simplement avancer dans la direction où le vent me pousse, mais à réussir à revenir progressivement vers mon point de départ en longeant la plage.
Pour l’instant, j’avance dans une direction, puis je remonte la plage à pied, je repars dans l’autre sens et je remonte à nouveau à pied. Ce n’est pas encore exactement l’idée que je me fais du kite, mais chaque chose en son temps. J’ai surtout hâte de pouvoir faire mes allers… mais aussi mes retours en kite.
Je termine ma session et Naim — un jeune que j’avais seulement entre aperçu un matin au club de kite — s’apprête à commencer la sienne avec deux autres mecs, Eliott et Gavriel, que je ne connais pas et qui en sont également à leur deuxième session.
Younes n’est pas là depuis deux jours, donc je n’ai malheureusement aucune photo de moi en train de faire du kite. En revanche, Fettah me missionne pour prendre des photos des autres.
Ils pratiquent dans une sorte de petit creux d’eau peu profond. Je peux donc rester tout près d’eux, hors de l’eau, et au vu de la qualité de mon matériel, les conditions sont parfaites : je suis proche, j’ai une bonne visibilité et je peux donc prendre des photos plutôt chouettes.
Le shooting dure environ une heure à une heure quinze. Finalement, même sans être sur l’eau, je profite encore un peu du kite avant de rentrer.
Je suis maintenant en retard pour le quad. On envoie donc une voiture chercher Antoine, qui n’a absolument pas vu l’heure puisqu’il était tranquillement en train de jouer aux échecs sur la plage, pendant que je pars en 4×4 rejoindre le reste du groupe.
On s’équipe tous pour la session de quad et nous voilà partis vers les dunes. On arrive sur la plage pile au moment où le soleil commence à descendre, et c’est sublime.
Je suis à l’arrière, Ismaël conduit et Antoine est juste devant nous sur son quad. Les filles du groupe sont à côté. Puis on commence à s’enfoncer dans les dunes.
La sensation est vraiment surprenante. Le quad monte, descend, glisse dans le sable et prend de la vitesse dans les descentes. À chaque virage, on se retrouve avec une nouvelle vue : une dune, puis l’océan au loin, puis une autre étendue de sable. Je sens le vent sur mon visage et le sable qui vole autour de nous. Il y a quelque chose d’assez irréel à être là, à filer dans les dunes alors que le soleil descend doucement derrière nous.
Et puis le ciel commence à changer de couleur. D’abord jaune, puis orange, rose, violet… Je n’arrive plus à arrêter de prendre des photos. J’en prends probablement les meilleures photos de coucher de soleil que j’aie faites de toute ma vie, avec le quad, les silhouettes et les dunes qui se découpent devant ce ciel complètement fou.
Entre le bruit des moteurs, le sable sous les roues et toutes ces couleurs autour de nous, j’ai vraiment l’impression d’être ailleurs.
Après le quad, on rentre tous dans la médina et on part manger un fish burger. Je prends le classique au cabillaud, et franchement, ça me fait plaisir. Un petit repas simple après cette journée bien remplie, et ça tombe parfaitement bien.
Antoine passe encore un moment avec nous, mais il doit rentrer assez tôt : Vincent, son pote, arrive à Essaouira pour la semaine et il doit aller lui ouvrir le Airbnb. Il a quitté l’auberge entre-temps, donc chacun commence tranquillement à prendre ses quartiers.
C’est là-dessus que je termine ma soirée. Rien de très extravagant, juste un fish burger, quelques discussions et une journée encore bien remplie. Et c’était chouette.
Lundi — avant-dernier jour !
Ce matin, je ne kite pas : c’est terminé, il n’y a plus de vent. Je passerai quand même au club, évidemment. Mais avant toute chose, ce matin, c’est cours de cuisine avec Antoine et Vincent, que je vais donc rencontrer. J’ai l’impression de connaître Antoine depuis toujours et Vincent me paraît adorable aussi, donc le cours devrait plutôt bien se passer.
On se retrouve un peu en dehors de la médina à 9h avec Fatima pour partir faire le marché. On a choisi de préparer un tajine de bœuf aux fruits secs et un poulet un peu berbère avec des courges. En entrée, ce sera zaalouk et chakchouka, et pour le dessert, un gâteau de semoule.
Le cours dure près de quatre heures au total — marché, cuisine et dégustation — pour 50 € par personne. Franchement, c’est donné.
Vincent est génial, donc je me sens tout de suite très à l’aise. Les dames aussi, Fatima et sa sœur Rachida, nous accueillent adorablement dans leur cuisine. Mais je m’égare dans la temporalité : avant de cuisiner, il faut d’abord faire les courses !
On commence donc par le marché. Il est à peine 9h, et nous, on avance avec Fatima qui sait exactement où aller et quoi choisir.
On remplit progressivement nos sacs : tomates, courges, oranges, ail, oignons, herbes… Fatima nous montre les produits, nous explique ce qu’on va utiliser et surtout comment elle les choisit. Je la suis un peu comme une élève, en essayant de retenir les ingrédients qui serviront quelques heures plus tard dans sa cuisine.
Et puis arrive le moment beaucoup moins sympathique : le poulet choisi par Fatima se fait égorger devant nous. À 9h du matin. Je ne m’attendais clairement pas à assister à ça aussi tôt dans la journée et j’ai quelques hauts-le-cœur. Ça me remet forcément face à ma dissonance cognitive autour de ma consommation de viande. En tout cas, une chose est sûre : celui-là est halal.
On reprend ensuite notre balade comme si de rien n’était et on continue les courses. Épices, sucre, fleur d’oranger — que j’aurais d’ailleurs dû m’empresser de me procurer —, amandes… Petit à petit, on a tout ce qu’il nous faut pour le cours.
De retour dans la cuisine, tout s’enchaîne parfaitement. On prépare les marinades, on découpe les ingrédients et on organise les différentes étapes pour optimiser les temps de cuisson. On rigole, on râpe de l’ail, on zeste des oranges, on fait griller des amandes, on coupe des légumes… et petit à petit, tout finit par s’assembler et mijoter.
J’avais mis un peu de guitare acoustique en fond pour créer une ambiance musicale, et Vincent a même un Fujifilm avec lui, alors forcément, on prend plein de photos.
Puis vient enfin le moment de passer à table et de goûter tout ce qu’on a préparé pendant ces quatre heures. Bon, je vais être honnête : ce n’est pas meilleur que Khmissa, mais le moment était vraiment chouette et, évidemment, tout était très bon. Une matinée à cuisiner, rire, apprendre et manger. Pas mal pour un avant-dernier jour.
Deux photos prises par Vincent, la première ressemble à un tableau
Je pars ensuite dire au revoir aux gars du kite et leur dépose quelques parts de gâteau de semoule fait maison. Je ne revois malheureusement pas Fatah, qui est parti en direction de l’Espagne voir sa famille. Je leur avais laissé une carte postale à me dédicacer et, dessus, il a écrit : « Lou la kiteuse ». Ça m’a un peu émue, je dois l’avouer.
Je comptais ensuite dire au revoir à tous les profs et à Younes, notre photographe, mais je tombe nez à nez avec deux filles avec qui je commence à discuter. Quelques minutes plus tard, elles aperçoivent au loin les deux potes qu’elles attendaient et je réalise qu’il s’agit d’Eliott et Gabriel, les deux garçons que j’avais photographiés pendant leur session de kite la veille.
Ils finissent tous par me convaincre de venir sur la plage pour les prendre en photo pendant leur session de surf. J’accepte et me voilà partie en 4×4 vers une nouvelle plage pour leur faire un vrai petit photoshoot.
J’ai eu un peu de mal à prendre les photos : mon appareil n’est évidemment pas waterproof et, pour éviter d’avoir simplement de petits points noirs au loin sur mes images, je dois m’avancer franchement dans les vagues. Les conditions sont plutôt sympathiques pour le surf… mais aussi particulièrement propices à l’inondation de mon appareil.
Je passe finalement deux heures dans l’océan, en culotte puisque je n’avais évidemment pas prévu de maillot de bain. Et, contre toute attente, je suis assez contente de mes photos. Mais surtout, j’ai adoré ce moment passée seule au soleil, concentrée sur ce que je faisais, avec mon appareil entre les mains.
Je crois que j’aime de plus en plus faire de la photo.
On a d’ailleurs rendez-vous avec Naim demain pour en refaire sur le port avant mon vol. Je me suis aussi très bien entendue avec Eliott, donc j’ai passé pas mal de temps à le photographier — notamment parce que les autres restaient beaucoup plus loin du bord.
Et ce soir, c’est restaurant un peu chic avec Vincent et Antoine. On se retrouve donc au Cosmos, le restaurant situé juste en dessous du Taros, le bar où je sortais beaucoup en mai avec le groupe.
On y déguste plein de petites choses : en entrée, du gravlax de bœuf, des accras de poisson, du houmous de poivrons et même des huîtres commandées par Antoine. En plat, je prends un steak de thon avec une purée et une sauce vierge. C’est délicieux. On est tous partis sur du poisson : eux prennent de la dorade et du Saint-Pierre.
En dessert, une tarte façon crème brûlée un peu spéciale et une mousse au chocolat vraiment divine. Ils se font plaisir avec le vin pendant que, de mon côté, je reste fidèle à mon Schweppes agrumes.
Le cadre est très sympa, les serveurs adorables et la musique douce accompagne parfaitement le repas. On passe vraiment un bon moment tous les trois, à discuter de nos relations, de nos vies et de ce qu’on imagine pour la suite.
Puis arrive la note, affichée en euros alors que nous savons très bien qu’elle est en réalité en dirhams. Et quand je vois apparaître « 2 325 € », je suis quand même bien contente de ne pas être en train de payer en euros.
On décide ensuite de faire un tour au Taros et on tombe sur Ismaël et les filles, installés à une table en train de boire un verre. On se joint à eux et le barman me prépare un mocktail vraiment délicieux, avec de jolies notes d’agrumes.
On discute tous ensemble et, puis, il est déjà temps de rentrer.
On se fait nos adieux, parce qu’a priori, on ne se reverra pas tous demain étant donné que mon vol est à midi. Je pense qu’Antoine et Vincent feront l’effort de venir me voir, mais je ne suis censée revoir que Naim pour notre session photo demain matin.
Cette fois, c’est vraiment la dernière nuit.
Il est temps d’aller dormir.
Mardi – dernier jour
Le séjour se passait beaucoup trop bien pour ne pas avoir une petite galère supplémentaire.
Je me lève à 8h pour mon rendez-vous avec Naim à 8h30 et je reçois soudain une notification : « Embarquement en cours ». Je ne comprends pas. La confusion s’empare de moi, puis je réalise.
Je me suis trompée d’heure pour mon vol retour.
Il n’est pas à midi. Il est à 8h15.
Le second vol, lui, est bien à midi à Séville… mais ça, c’est uniquement si j’avais réussi à prendre le premier.
Je commence à m’en vouloir et à paniquer. Je cherche frénétiquement sur les comparateurs de vols pour trouver une solution. Rien à moins de 500 €. Je finis donc par en sélectionner un : douze heures d’escale à Barcelone, une journée d’heures supplémentaires que je vais devoir abandonner au travail et, surtout, la certitude de rentrer en sachant que je vais devoir remettre de l’argent de côté et surtout mieux regarder mes horaires la prochaine fois.
Je me sens vraiment bête.
Naim arrive et, évidemment, je pleure encore un peu à ce moment-là. Je prépare mon sac et puis on part quand même faire les photos. Maintenant que j’ai plusieurs heures devant moi, autant essayer de les rentabiliser.
On se rend sur le port et c’est très joli. J’adore l’odeur du poisson, donc je ne suis absolument pas dérangée par les effluves qui flottent autour de nous. Avec Naim, on se montre quelques petits tips sur nos appareils et on essaie de photographier sans déranger les pêcheurs. On immortalise aussi quelques mouettes, parce qu’il faut bien.
On se rend rapidement compte que le port est finalement assez petit, alors on poursuit dans la médina, au moment où les marchands commencent à installer leurs stands pour la journée.
Certains refusent d’être pris en photo, ce qu’on respecte évidemment. Un monsieur nous insulte même après s’être caché le visage. Je ne l’avais même pas vu auparavant, il n’était pas du tout devant moi, donc je ne comprends pas vraiment sa réaction. Mais j’imagine que ça doit être fatigant pour eux de voir passer des touristes avec leurs appareils toute la journée, alors on ne cherche pas à insister et on part rapidement.
Je fais quelques photos vraiment très belles. Et surtout, je me rends compte que j’ai vraiment progressé pendant ce voyage.
On s’assoit ensuite boire un thé et discuter avant de retourner à l’auberge pour manger avec Antoine et Vincent, qui nous rejoignent pour me dire au revoir et me changer les idées.
On passe deux heures ensemble, avec le soleil sur ce rooftop où l’on a passé tant de temps ces derniers jours.
Et puis il est temps d’y aller.
Je dis au revoir à Naim, à qui je laisse quelques affaires par manque de place, puis il est 16h30 et le taxi vient me chercher.
Je suis enfin à l’aéroport. Je passe tous les contrôles et prends enfin le temps d’accepter la situation. Le retour en France, avec la mauvaise nouvelle du début du séjour qui me revient en tête. Le petit creux financier que je viens de créer. La reprise du travail après cinq jours qui sont forcément passés beaucoup trop vite.
Rien de grave.
Mais j’ai besoin d’un peu de temps.
J’atterris à Barcelone, je mange un McDo et me rends compte que ma carte a été piratée pendant mon vol. Je conteste immédiatement les opérations après avoir payé mon repas. Heureusement, j’en ai une deuxième.
Je dors à même le sol et, au petit matin, ce sera café et petit déjeuner au Starbucks, puis encore un McDo, parce que peu de choses sont ouvertes.
Je reprends l’avion et j’atterris enfin à Paris, un peu triste, sans vous mentir.
J’arrive chez moi, pose mes affaires et dors presque douze heures d’affilée tellement je suis épuisée.
Ce matin, c’est retour au travail.
Mais je sens encore le sable entre mes orteils et j’ai déjà envie de repartir.
Je ne pense pas retourner au Maroc, ou en tout cas à Essaouira, tout de suite. Même si le kitesurf me manque déjà.
Nous verrons où mes prochaines aventures me porteront. Mais je suis heureuse d’être repartie, malgré les galères.
Plein de soleil à vous tous, et merci d’avoir lu cette nouvelle histoire de ma vie. ☀️
Et encore merci à Kite Surf Maroc 📌
